DESSINS ORGANIQUES

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MIX VJ sur zic libre

VJ latache & Grace et Volupte Van Van

 

 

VJ latache et les autres…

CORPUSCULE

 

Mon corps.Il y a chez lui des points qui existent selon sa dépendance aux désirs.

Celui de la pensée de mort, celui de l’extase.

Il réagit violemment à la peur. Il produit des douleurs qui se logent dans mes organes, le long de ma colonne vertébrale.

il y a cette peur de soi qui ne laisse sortir ni colère ni jouissance. Cette peur de l’autre sur qui se rejette la faute ou se nourrit des attentes .

il y a la honte et la culpabilité qui sont liées à ses peurs. irrationnellement elles me font tomber mais je me redresse, mes pieds peuvent pourtant prendre appuis sur ce territoire de ressentiments éphémères et contingents qui n’a ni matière ni contours.

Il y a cette image casuelle qui est celle de mon enfance, de ce royaume où je me suis laissée conduire traits par traits.

Elle n’a d’existence que pour mes yeux.

J’ai l’impression qu’elle vient d’un de ces chimères où mon corps s’est jeté sans appuis. Mais qui oserait me croire. Ce ne sont pas des rêves.

J’ai peur qu’ils me laissent dans cette zone d’ombre où je n ai plus d’ existence. Une fois je suis rentrée à l intérieur, seule une pensée lénifiante m’en a sortie. celle d’une enfant qui pourrait être moi.

Je sais bien qu’il est plus dûr de prendre celle que j étais dans les bras sachant qu’elle n’a jamais voulu être elle. Et puis quand elle s’est mise à réfléchir et prendre son corps en soin, elle ne veut pas être lui non plus.

L’ entre deux ou le corps invisible qui ne s’efface pas et qui existe dans cette violence de l’être, du corps social.

Celle qui est née d’une condition de classe et d’une frustration.

Ce corps, je l ‘ai imbibé, je l’ai abimé, puis avec des renforts affectifs et des conceptions différentes du monde normal, je l’ai rendu en état d’os, enlevé la chaire de sa structure. Ma peau de nouveau enduite, s’est aguerrie.

Du découragement à la volupté, quelques pas de plus.

Je remarche mais pour aller où ? avec qui ?

Mon corps n’est plus ce mûr délabré, mon corps se reconstruit.

Avant il n’existait pas pour lui mais pour les autres. Il n’était pas habité, il était modulable,docile, endoctriné.

Je l’avais oublié.

Mon corps jouis aujourd’hui.

Je lui crée des plaisirs mais aussi des douleurs.

Je veux cicatriser.

Je ne veux plus l’oublier. Je veux délaisser le passé noué.

Je veux lui témoigner de l’égard parce qu’il a dû me supporter, moi qui subissait la vie, de la légèreté de paraître fait d’éclats de rire à la pesanteur du non-être qui à sa vie secrète. C’est ma dissémination latente. J’ai laissé de la moisissure dans ma tête, alors le temps de faire sécher…

En espérant qu’il y a pas trop de dégradations.

J’aime quand il produit du ressenti.

Cette main qui se laisse aller dans mon sexe, sur ma feuille.

Celle qui donne du plaisir à l’autre.

Celle qui agit.

Celle qui guide.

J’aime quand il me donne de la sensation.

Cette énergie qui circule et produit des substances.

Celle qui donne de la force.

Celle qui agit.

Celle qui transmet.

J’aime quand il produit du sens.

Ces mots qui rassurent et qui m’ouvrent.

Ceux qui donnent de la force.

Ceux qui agissent.

Ceux de l’intérieur qui portent vers l’extérieur.

Je parle de lui comme si il ne m appartenait pas. Tel que cette culture me l’a appris. Il est séparé de moi parce que je me suis construite une image de lui qui correspond pas à sa génétique, tout en suivant la voix admise. Parce que le seul modèle possible est ce système qui maintient la pensée sur une seule ligne, biologique et naturelle. J’ai appris l’être et le corps, l’homme et la femme, l’universel blanc occidental. Je me suis laissée dominer et la question que je me suis posée est celle de mon identité : qu’est ce qu’être une butch ?

Mon désir est devenu réel et s’est établit dans une image d’un autre corps. Est ce que j’ai construit mes rêves afin de normaliser mon désir pour une personne du même sexe que moi ?

Je me ressens quelques fois prise dans un dilemme, devant la glace quand je vois mon corps fin et osseux, avec ces hanches qui n’ondulent pas. Je veux renforcer ces caractéristiques. Je me vois les épaules plus larges et les bras plus durs.

Lorsque cesse les peurs qui me happent et m’avalent, je reprends du poids et mes seins sont plus volumineux. Je me sens satisfaite et presque orgueilleuse de les porter si vaillamment. Je les aime.

J’aime aussi mes visages avec ces taches sur les paupières. Mon nez et ma bouche. Des traits fins mais durs. Mes yeux et leurs expressions. Chaque émotion peut être lue clairement. Mon sourire qui forment des plis sur mes joues. Chaque plis fait de moi, une autre personne.

Je suis multiple.

 

LE VJ’ING

mutation_àvoirle VJ’ing : performance visuelle en temps réel

 

 

Dessins réalisés dans un premier temps réalisés au stylo bille ou avec ce qui tombe sous la main. Ensuite réalisation en données numériques d’une seule image.

Accentuation des traits, déformation des éléments hachurés, saturation des couleurs.

Création de boucles.

Ensuite, les jouer comme une palette pour composer un tableau.

Le dessin vit. Il n’est plus la production d’un résultat attendu. Il est multiple.

L’ART EST NIÉ

Parcequ’il est surtout  capitalisable. araignéearaignée1araignée-argiope-cWp2.jpgaraignée-piratemante d'arabieMais il y a des êtres qui le mangeraient bien…

MUTATION

 

araignéemutant

click

LES PORTRAITS

pli du visage

cliquer sur l’image pour aller plus loin…

L’objectif

Viser un au delà du corps social et organique tel qu’il peut se vivre.
C’ est à dire, le geste vise une utopie, une extension de soi.
L   ‘objectif  en peinture et  en dessin est d’établir plusieurs possibilités pour
rendre des mouvements et des volumes par l’image retouchée, et aussi par la vidéo qui
déploie les multiples d’ une seule production. Qu’il s’agisse d’un portrait,
d’un élément organique ou d’ une représentation du corps, au départ il y a
un point de vue qui s’inscrit pour en éclore d’autres jusqu’à saturation
du geste ou des couleurs.
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Quelques fois je délire et laisse courir ma main dans ces plis formés par des hachures. Elle glisse et le stylo à bille m’aide à atteindre cette fluidité dans mes mouvements.
Saturation de l’oeil, le dessin s’achève.
C’est là que la machine rentre dans le processus de création. J’opère en quelques clics les transformations nécessaires pour exploiter les possibilités du dessin et lui redonner des mouvements. Saturation des couleurs, la vidéo se termine.

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D’autre fois, je reviens au corps. Si le résultat de certains dessins font penser à des organes, c’est qu’ils coïncident avec un besoin de se réapproprier le corps.